jeudi 13 janvier
Chbonk
Des voix, des dizaines de voix, peut-être.
- Ne bougez pas. Restez allongé. Des collègues arrivent, on va vous
emmener. Vous savez quel jour on est aujourd'hui ? Vous pouvez me le
dire ? Dites-le ? D'accord. Vous avez mal où ? Et puis ? Vous avez
perdu connaissance ? Vous avez mal où sinon ? Vous sentez vos bras, vos
jambes ? Vos jambes, vous pouvez bouger vos jambes ? Bon. Non ne bougez
pas. On va vous retirer votre casque et puis on va vous transporter. Oh
là, vous avez pris la taille serrée, vous. Voilà.
Etrangement, un visage familier un instant s'approche.
- T'inquiète pas elle a rien, je la fais mettre à l'atelier pour le passage de l'expert.
D'autres voix, encore, d'autres visages attentifs.
- Désolé, mais on va être obligé de découper votre col coupe-vent.
Voilà. Tiens, donne-moi le collier cervical, toi. Voilà. On va vous
transférer sur un brancard, maintenant. Bon prêts à lever les gars ? On
lève. On referme. Doucement. Ca va vous serrer mais c'est fait pour.
Allez, on le monte.
Dans le fourgon, il fait presque plus froid que dehors.
- Il est dedans ? Bonjour monsieur, vous avez des papiers ?
Approchez-vous si vous voulez qu'il vous voie. Dans la poche de votre
blouson ? Je vais les prendre, ne bougez pas. Vous vous souvenez des
circonstances ? Vous rouliez à quelle allure ? C'était un déplacement
privé ou travail ? Vous exercez quelle profession ? Il faudra qu'il
souffle aussi, il pourra ? Sinon il faudra faire une prise de sang.
Tenez, soufflez s'il vous plaît. Allez, on y est presque. Bon, 0,
parfait. Je termine avec la déposition de la voiture et je reviens...
On va attendre ici la fin de la paperasse des policiers. On bloque
presque toute la circulation, avec les cônes on est sur trois files.
Ensuite on partira pour les urgences. On y sera dix minutes après. Vous
vous sentez comment ? Oui, votre casque est là, votre sac aussi. J'ai
mis les gants dedans. Oui, je crois qu'il y a des témoins, une femme
qui discute, là. Ah le voilà qui revient, on va pouvoir y aller.
Les portes se ferment, le trajet dure peu de temps, sirènes et
gyrophares aidant, mais la température se réchauffe tout de même un
peu. Puis c'est le froid à nouveau, à la sortie, et puis le chaud
encore, bien plus chaud, et cette étrange impression de voler à
l'envers, en flottant près du plafond au ras des séparations de salles,
comme dans un rêve déplaisant. Et puis ces attentes successives,
changement de brancard, attente, venue de l'interne, attente, transfert
radios, attente, radios, attente.
C'est un rêve c'est sûr,
sinon je n'aurais pas vu le visage de mon concessionnaire tout à
l'heure. Mais ça fait moins mal un rêve tout de même, ou pas aussi
longtemps. Et puis c'est pas aussi précis, non plus. Et puis il y
aurait eu au moins une très jolie brune.
Alors, non, c'est pas un rêve, c'est sûr, et alors il faut que les radios soient bonnes.
Et quand elles sont bonnes, le premier plaisir est simplissime: c'est de se mettre à nouveau debout.
mardi 11 janvier
Lunairator V
Hier j'étais allé me promener en piéton, exceptionnellement.
J'étais en train de traverser sur un passage protégé, comme un bon
piéton bien propret. Bon d'accord la loupiote piéton était rouge, mais
ce n'est pas une raison, une voiture attendait déjà que certains
finissent de traverser, et je marche vite.
Mais voilà que la
voiture qui faisait semblant d'attendre se met à avancer comme pour me
pousser. Du genre, j'étais le piéton de trop. Y z'avaient bien voulu
laisser passer tout le monde jusqu'à aujourd'hui, et là c'était fini.
Pire, j'allais même payer pour les autres. Mais si j'avais été un bus
ils n'auraient pas poussé comme ça, ils auraient attendu, non ?
Echange de regards courroucés quand je longeais avec anxiété leur
pare-chocs que j'étais obligé de fuir en modifiant ma trajectoire, en
plus.
Ils étaient deux à l'intérieur, un mec et une nana, et
le type, assis côté passager, encourageait la fille à user de son droit
du plus métallique. On aurait dit un instructeur d'incivisme. Leur
logique existentielle était simple: comme ils avaient une carapace plus
solide que celle d'un piéton, ils n'allaient pas hésiter à s'en servir,
forcément.
Tant de méconnaissance du monde est navrante: il a
bien fallu que je leur explique le contraire, et que si leur bagnole
était plus solide qu'un piéton paisible, leur rétro était moins solide
qu'un piéton agressé.
Bon, par un reste de sympathie, je l'ai
shooté dans le bon sens, de l'avant vers l'arrière, leur rétro
conducteur. D'un coup de genou juste au moment où ils démarraient comme
des braqueurs de supérette et en me taillant un short. Mais il a tout
de même bien craqué. L'a dû être plié au-delà des limites à cause de
leur accélération de dragster des boulevards.
Ils se sont
arrêtés tout de suite, façon vengeance. Le type a ouvert sa portière
dans un geste grandiose de "male attitude". Manque de pot c'est à sa
porte à lui que j'étais venu direct, pas à la porte conducteur. Et
j'avais l'air contrarié. Alors il est resté assis pour réfléchir
sereinement au fait que ce n'était pas la peine d'envenimer les choses,
et que le plus important était sans doute que je leur pardonne leur
comportement de ringards du volant.
Chose que j'ai faite, vous me connaissez, la bonté même.
Et j'éprouvais en les regardant partir, leur rétro pendouillant
mollement au bout de ses câbles, le sentiment d'avoir enfin pu
contribuer à leur éducation citoyenne.
Les remords ne sont venus que plus tard. Mais bon, on est humains, quoi.
Oui, même moi.
mardi 21 décembre
Songe d'une nuit d'hiver
La scène se déroule dans une étrange clarté, sous une lumière hésitant
entre le rouge sombre et le rouge noir.
Au milieu de l'image est assise une brune aux épaules graciles et
parées de fines bretelles, de soie légère, qu'on imagine se prolonger
par un vêtement, sans doute une nuisette; mais on ne la voit pas dans
le champ de vision du rêveur.
Sauf lorsque la fille se
renverse sur son dossier en s'étirant. Elle vient juste de le faire,
pour la première fois. On s'aperçoit alors qu'elle porte bien quelque
chose qui ressemble à une nuisette.
Par jeu, ou par envie, ou
parce qu'on le lui demande poliment, ses bretelles l'une après l'autre
glissent. Au début elle les remonte parfois. Un peu plus tard, par
lassitude sans doute, elle ne les remonte plus. Si elle les laissait
glisser encore, elle pourrait certainement se trouver dénudée jusqu'à
la taille. Le rêveur y songe, bien sûr, même s'il ne peut rien voir. Il
ne pourrait que le deviner, ou se le faire confirmer par des
observateurs locaux mieux placés, s'il y en avait. Mais il n'y en a
pas.
Alors, elle les laisse glisser encore. On aurait pu
croire qu'elle aurait accéléré leur chute d'un léger mouvement des
bras. C'est très possible, car elle doit savoir que le rêveur ne voit
rien, de toute façon.
Il est même envisageable qu'elle aime
l'idée d'être désormais nue jusqu'à la taille alors qu'il ne peut rien
voir de sa nudité, ni du léger frémissement qui parcourt déjà sa
poitrine.
C'est ce que se plaît à penser le rêveur en tout
cas. Il l'imagine vêtue de ce simple frisson invisible. Et il l'imagine
imaginant sur elle ses yeux à lui. Et il rêve de la voir s'étirer de
nouveau, exprès pour lui.
Par jeu, ou par envie, ou par simple
nécessité peut-être, la voilà qui s'étire de nouveau, bien renversée en
arrière cette fois, les mains sous la nuque, nue jusqu'à la taille. Et
qui s'étire longuement, comme exprès pour lui.
Comme si elle attendait ses yeux sur elle, aime-t-il penser.
S'ensuit une succession d'images folles, superposées dans le souvenir du rêve.
Il y a le flou parfait de sa chevelure, son visage attentif et
troublant, ses regards d'avant, et ses yeux clos d'ensuite, et ses
regards d'après. Car il y a un avant, un pendant et un après, dans ce
rêve. Il y a qu'elle se renverse de nouveau dans son dossier. Et
qu'elle ne peut certainement plus ignorer la présence du rêveur qui
l'observe. Et qu'elle en profite, même, on s'en rend bien compte. Il y
a que par jeu, ou par envie, courent ses mains effilées sur sa bouche,
sur son cou, sur ses épaules, sur ses seins, sur son corps qui
frissonne, et courent et disparaissent hors-champ et reviennent, et
s'en vont et reviennent, jusqu'à ce que son corps ne frissonne plus, et
que sa respiration s'apaise, et que ses yeux clos s'ouvrent de nouveau.
Et que ses yeux d'après scintillent de mondes parcourus.
Le
rêveur regarde ces mains voyageuses, ses mains d'avant sur ce clavier
devant elle, piano ou ordinateur, quelle importance, et puis ses mains
d'alors sur son corps tendu, et puis ses mains d'après, sur le clavier
encore, ses mains d'après son corps, ses mains qui gardent son souvenir
profond d'elle sur elles, et qui pourtant volent sur les touches
apporter leur musique au rêveur.
Il s'éveille alors, sans
doute, mais ne sait plus vraiment s'il rêve d'un éveil, ou bien
s'éveille émerveillé d'avoir, ou pas, rêvé.
lundi 13 décembre
Un siècle pour des lumières
Samedi. Une urgence. Vite, vite. Ca va fermer.
Me faut une ampoule de 100 watts à pas de vis, pour la lampe d'à côté
de mon PC. Celle qui me fait du jour la nuit. Elle vient de claquer.
J'ai mis du 60 watts mais ça ressemble à l'éclairage de secours d'un
vaisseau spatial avant l'explosion. Manque plus que la sirène. Et me
faut aussi quatre tubes au néon pour ma cuisine. Depuis 7 mois, les
tubes. Alors autant grouper. En fait j'avais déjà tenté une sortie pour
les néons, il y a quelques mois, au magasin de bricolage d'à côté, mais
rien. Ils étaient épuisés, au magasin. Les chefs de rayon aussi.
Donc aujourd'hui ça peut plus durer. Hop, moto et direction le centre ville. Vite, vite.
Impossible.
Même en moto. Embouteillage, bouchonnage, coinçage. Je demande son avis
à la synthétiseuse de désirs, dans mon casque. "Détruire", qu'elle dit.
Chouette. Un peu d'action.
A l'aide du bouton secret de mon tableau de bord, je sélectionne le
mode "Tutti fuori" (c'est une italienne). Une stase brouillante vient
envelopper la plaque d'immatriculation, comme quand on passe la
seconde, mais là, en plus, deux tubes bleutés de désintégration
rapprochée sortent de la tête de fourche et viennent se mettre en
position près des rétroviseurs. Ils passent en mode d'acquisition de
cible et s'arrêtent sur le 4*4 de devant.
Après, tout est
automatique. J'ai juste à accélérer. Le radar radarise. Le calculateur
calcule. Quand ça va gêner, pfouit, le désintégrateur désintègre. Mais
proprement, hein, y a juste plus rien, je peux même prendre de l'angle
vu qu'y a pas de débris. Plus je vais vite, plus ça nettoie loin. Après
mon passage, y a comme une stupeur, et puis les voitures foncent dans
l'espace derrière moi.
J'arrive vite, donc. Je gare, je béquille, j'antivolise, j'entre. Vite, vite.
Foule.
Une masse. Même pas grouillante. Trop de monde. Compacte, lente, une
foule à cadeaux qui avance vers les caisses comme une coulée de pudding.
Heureusement, au sous-sol, personne. Hé hé. Personne n'a l'idée
d'offrir une ampoule à vis ou des néons. Alors ça va vite, très vite.
Ayécéfé! Je file vers les caisses du sous-sol où y a personne non plus.
Ca, c'est de la course !
Les caisses du sous-sol, y avait personne devant, mais y avait personne derrière, aussi.
J'avais tout bien fait, pourtant: ma lampe de maintenant, en double,
mes tubes d'il y a sept mois, en double aussi. Un bonheur rudimentaire,
émouvant de simplicité, était là, à ma portée...
En remontant
avec mes emplettes, impossible d'accéder aux caisses du
rez-de-chaussée, impossible même de prendre pied dans la multitude, en
haut de l'escalator. On va régler ça.
Casque.
J'ai même pas besoin de parler à la synthétiseuse de désirs. A cause de
la température moyenne ambiante, y se déploient direct de chaque côté
du casque, les deux tubes bleutés du kit piéton.
...
Bon, je parle, je parle, mais faudrait peut-être que je sorte pour mes lampes, avant que ça ferme.
lundi 15 novembre
Futur composé
Aujourd'hui, promenade sur la planète.
Contact.
Moteur.
Un grondement saisissant fait alors trembler les parois de la baie de stockage nocturne, en dépit des atténuateurs de titane.
C'est une sorte de souffle rugueux, heurté, qui résonne dans des
fréquences ultra-graves, dont le rythme restera encore irrégulier
jusqu'à ce que l'enveloppe glacée du moteur monte en température.
Juste le temps de vérifier une dernière fois que l'épaisse combinaison
ne laissera aucune partie du corps au contact de l'atmosphère hostile.
Le souffle âpre s'est calmé désormais, mais on devine toujours la
puissance effrayante tapie au sein du coeur de métal gris. Alors il
faut la doser avec une extrême finesse pour s'insérer adroitement dans
l'élévateur.
Ensuite, il suffit d'effleurer de son badge le
détecteur d'intrus et puis d'entrer le code de transfert pour se
retrouver au bas de la rampe d'extraction.
La lumière
faiblement jaunâtre de la salle de transit rappelle les conditions
extérieures prévues ce jour-là sur la zone. Brouillard. Pluies acides.
La-haut, la porte de protection externe pivote lourdement sous une lueur orange clignotante.
C'est le moment, l'instant précis où il faut s'élancer.
Puissance.
...
Comment ça je déforme ?
Ben non, c'est exactement ce qui se passe quand je sors ma moto de son garage souterrain, l'hiver.
lundi 25 octobre
Tristes tropismes
Viens de visiter un site de poésie, dont je tairai le nom.
Quelle aventure! Ignorais que cela existât encore, des poëtes à l'écharpe blanche, et empêtrés dans leur zèle de géants.
Pourquoi, sous prétexte d'avoir ressenti, répondre au réflexe d'écrire, si ce n'est pas pour arriver à faire partager ?
Mais
le pire c'est vraiment les séances d'autocongratulations trissotines,
lorsque chacun accourt contempler l'oeuvre de l'autre, flottant dans sa
cuvette.
[Bon, j'exagère un peu, il y a là-bas tout de même un ou deux vrais talents.]
samedi 23 octobre
L'interview
- "Bonjour, vous faites quoi comme métier?", demanda le journaliste.
- "Je suis Journaliste", répondit le journaliste.
- "Comme c'est intéressant", dit le journaliste, " pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste?"
- "C'est le métier le plus passionnant du monde, parce que je suis en prise directe avec l'Information" expliqua
- "Que voulez-vous dire?" demanda le journaliste.
- "Rien, justement. Je ne veux rien dire de plus que l'Information".
-" Si vous ne dites rien, pourquoi trouvez-vous votre métier si passionnant? Je vous pose cette question parce
- "Ce n'est pas ce que je dis personnellement qui doit intéresser le public, mais l'Information. Servitude et
- "Et en quoi l'information intéresse-t-elle les gens?" demanda le journaliste, fort à propos.
- "Personne ne le sait vraiment, voyez-vous. C'est un des mystères de l'Information. Tout le monde veut la
- "Si personne ne s'en sert, pourquoi dit-on qu'elle est manipulée?" demanda le journaliste, assez finement.
- "C'est qu'en réalité, elle est manipulée de plusieurs manières" dit le journaliste. "Au départ, lorsqu'on nous la
- "Dans ce cas, est-ce-que cela vaut vraiment la peine de consacrer autant de temps à finalement ne rien dire
- "Toutes choses égales par ailleurs, cela me rapporte plus que si j'étais un simple intellectuel, et en plus j'ai
-"Pourtant, on dit que vous êtes le miroir de notre époque" dit le journaliste.
-"Est-ce une question?" demanda le journaliste.
- "C'est peut-être une réponse" dit le journaliste.
mercredi 20 octobre
Tremblements de textes

J'ai pris cette photo il y a quelques années.
Voyons si vous devinez où et à quelle occasion... (justifiez, aussi !)
Et si vous voulez que je vous dise la solution tout de suite (ne cassez pas votre écran en le retournant):
- 'alqissod sed'uou -
mercredi 13 octobre
Une soirée perdue
(Me vient d'un coup une réminiscence de l'ami Alfred, qu'il me pardonne l'adaptation).
J'étais seul l'autre soir au théâtre Jouvet,
Ou presque seul. L'auteur n'avait pas grand succès.
Ce n'était que Müller et nous savons de fait
Que ce grand maladroit qui fit un jour Quartett,
Ignora le bel art etc.
Donc en résumé, n'y allez pas. C'est pompeux, prétentiard, et surtout lourdingue.
En dépit des efforts méritoires d'Arestrup et Valadié, les quelques
rares saillies de la pièce ne valaient pas de s'enfermer à double tour
dans Laclos.
lundi 11 octobre
Une amie parfaite, par définition.
Après la lecture de Mode Défilé, quelques lectrices m'ont demandé, en privé, ce qu'est une amie parfaite. Pour un homme, s'entend.
Voici.
Considérons l'ensemble des personnes du sexe.
On pourrait dire qu'il y a les non-amies et les amies. Selon votre
nature, évidemment, vous direz que les non-amies, ce sont soit toutes
celles que vous ne connaissez pas encore, soit toutes celles que vous
connaissez déjà.
Parmi les amies, on pourrait dire qu'il y a
les amies obligées et les amies élues. Les amies obligées, ce sont,
pour simplifier, toutes celles qu'on n'aurait pas élues sans une cause
extérieure à elles, quelle que soit la raison. On pourrait les appeler
les amies sociales, aussi, les obligées, ce serait d'ailleurs plus
joli. Mais c'est très très rare, les amies obligées. Demandez autour de
vous par exemple, personne n'en a, c'est certain. Mais tout le monde en
a entendu parler. Des amies yéti, quoi.
Parmi les amies
élues, il y a celles qui ne pourraient pas être nos amantes et celles
qui pourraient. Bon, là, chacun procède à son petit classement
personnel avec ses raisons à lui, d'accord ?
Enfin, parmi les
amies élues qui pourraient être nos amantes, il y a celles qui le
seront devenues, et puis il y a les amies parfaites.
Ainsi,
les amies parfaites, ce sont celles qu'on préfèrerait vraiment, dans la
mesure du possible, et tant que nos faiblesses nous le permettent,
garder comme amies. Parce qu'elles sont belles et heureuses ainsi. Et
que, devenues nos amantes, elles souffriraient de nous. Il s'agit d'un
statut bien plus enviable que celui d'amante, à la réflexion.
En relisant, je m'aperçois que j'ai oublié une catégorie, celles qui ne voudraient pas devenir nos amantes.
Mais c'est que je ne vois pas où les mettre, aussi.
