lundi 24 janvier
La preuve
L'autre jour, en rentrant de la boulangerie, je suis tombé sur un
opuscule mathématique traitant de choses complexes avec simplicité,
comme souvent lorsque c'est écrit par un grand esprit.
A un détour de paragraphe, l'auteur y compare en une ligne les forces respectives des preuves mathématiques et juridiques.
Chacun le sait, les maths ont ceci de rassurant que nul ne peut
construire sans preuve. La preuve est ce qui permet de lier une brique
aux précédentes. Sans ce ciment logique, un mur de certitudes est
instable et s'écroule au premier soupir, comme la maison des deux
premiers petits cochons.
En mathématiques, une seule preuve
suffit. Mais elle doit être aboutie. Une infinité de demi-preuves, ou
d'indices concordants, ne prouve rien du tout. Cette prudence fait que
certaines assertions a priori évidentes peuvent rester non démontrées
pendant des siècles si nécessaire. On les appelle alors des
conjectures. Des trucs admis mais pas encore prouvés, faute d'astuce
peut-être, ou surtout, faute d'outils.
En revanche, la
justice se devant d'être non pas expéditive mais au moins expédiée
avant l'extinction, de vieillesse, des coupables présumés, il semble
nécessaire de se contenter de preuves incomplètes pour autant qu'elles
soient alors nombreuses, et d'un jugement conjectural, justement, faute
de mieux.
Ainsi, pour les rigoureuses contraintes de l'esprit, la preuve est indispensable.
Mais pour exercer une contrainte par corps, ou un simple jugement, on
se contente d'indices concordants et d'une intime conviction.
Quant
à notre troisième part, l'âme et sa béatitude ultérieure, c'est encore
plus simple: pas besoin de preuve, même pas besoin d'indice, il suffit
juste d'y croire.
Voilà pourquoi il y a si peu de mathématiciens, tant de juges, et toutes ces brebis.
Commentaires
Rituel
Et... c'est jour de Grand Sacrifice ?
Vous tranchez dans le vif ? Retranchez ? Pesez le tout dans la grande Balance des équités impossibles ?
04vents >> c'est déjà passé, l'Aïd-El-Idha, je crois bien. Et non, je ne pèse rien, ou alors mes mots, et rarement.
Intérior intimo méo...
Mon âme,, dit le poète , est une infante en robe de parade...
En avez vous aussi l'intime conviction?
Et puisque il est des soirs étranges où les fleurs ont une âme...qu'en est t-il des brebis?
excellent raisonnement!!!
:-)
A.T. >> ces soirs là, les brebis mangent les fleurs.
tgtg >> excellent jugement! :)
n'est-ce pas:-))))
Mesrine un jour de ....
... ces sont des humains .... pas des bêtes ! Messieurs.
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