Saint-Lunaire et les mystères de l'existence

Variations imprévisibles sur l'existence et ses produits dérivés.

dimanche 02 janvier

Note d'agrément

Je viens juste de dévorer une chose que je réservais pour mes très vieux jours.

Je l'avais mise de côté depuis des années pourtant. En faisant attention à ne pas l'ouvrir. Je savais que si je l'ouvrais, je finirais par me jeter dessus.

Alors ça n'a pas loupé. A 17h17, je l'ai ouverte et donc je me suis jeté dessus.

Ca faisait un peu comme une bouteille de vin que vous gardez pour une occasion particulière. Si vous l'ouvrez en avance, bon, c'est bon mais c'est moins bon que si ç'avait été le jour de l'occasion. Une petite culpabilité, sans doute. Hé bien là c'était presque pareil. Une petite culpabilité, assurément. Mais la différence c'est que c'était bien bien bon tout de même.

Le lecteur l'aura deviné, je parlais bien entendu de la partition de la suite en d (HWV 428) pour piano.

En effet, je ne sais pourquoi, mais j'aime bien déchiffrer du Haendel. J'aime bien aussi la tapenade, par exemple. Or, autant la production d'olives est illimitée, autant Haendel s'est inexplicablement arrêté d'écrire le 14 avril 1759, vers 8 heures du matin, d'après son exécuteur (testamentaire).

Il en résulte que si j'avais continué à déchiffrer du Haendel, un beau jour je n'aurais plus eu de Haendel à déchiffrer.

Bien sûr on peut en rejouer, mais ça n'a rien à voir avec la découverte d'une musique un peu hésitante sur son clavier. En fait l'instant du déchiffrage est unique. C'est comme un premier rendez-vous: on n'a pas de deuxième chance. Et puis je soupçonne mon piano d'aimer raconter de nouvelles histoires de temps en temps.

Donc, lors de mes très vieux jours je veux ne pas avoir tout connu: je veux qu'il me reste encore des déchiffrages de Haendel.

C'est pourquoi j'ai mis de côté quelques partitions pour me permettre d'agrémenter de surprises ma période 100-140 ans. Evidemment, après 140 ans, l'âge venant, il faudra arbitrer entre les découvertes que je veux garder pour le lendemain, et celles que je risque de ne jamais faire pour les avoir remises au lendemain une fois de trop.

Pourtant aujourd'hui, avoir consommé un de ces plaisirs réservés, ça revient à avoir cambriolé un coffre-fort de futur vieillard, non ? Pas de quoi être fier.
...
Mais qu'est-ce que c'était bon.

Et puis quoi, j'ai encore deux recueils tout bien fermés, alors zut.

Note émise par saint_lunaire à 00:00 - Couleurs du temps - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    La musique me laisse rêveuse...

    ... et d'autant plus quand on a une dizaine d'années de piano derrière soi. Personnellement je suis plus une fan de Chopin, et spécialement de ses nocturnes, que je trouve magnifiques.
    Sinon, beaucoup plus récent, Yann Tiersen. Partitions très faciles à déchiffrer, mais une musique tellement poétique...
    Donc, j'aurais besoin de trouver de nouvelles partitions, car cela fait plus de deux mois que je n'ai pas touché à mon piano par manque de nouveaux arrivages. Saurais-tu m'en conseiller quelques-unes ? Tu peux me laisser un com sur mon blog, m'envoyer un mail ou me contacter sur MSN sur la même adresse.

    A bientôt j'espère, pour des échanges d'impressions sur de superbes partitions et auteurs

    Posté par Panthère, mardi 04 janvier à 18:31
  • Panthère >> quoi deux mois d'abstinence ! Même pas une seule fois ? Le pauvre piano le pauvre ! On ne peut pas le laisser ainsi, assurément. Je vais farfouiller un peu.

    Posté par saint_lunaire, mercredi 05 janvier à 16:59

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